Big Coacho

Mon Livre Blanc sur les mémoires de Football

THE X-FACTOR

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Lundi, 14 Mai 2018
Classé dans Big Coacho
Ceci est l'extrait d'une discussion que j’ai eue avec un ami à Douala, que je vais nommer Nankap. L’échange se déroule juste après l’Euro 2016. Brownily : Ça signifie quoi exactement, être une « équipe forte » ? Est-ce une équipe qui a les me...
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Lionel Messi, the X-factor

Ceci est l'extrait d'une discussion que j’ai eue avec un ami à Douala, que je vais nommer Nankap. L’échange se déroule juste après l’Euro 2016.

Brownily : Ça signifie quoi exactement, être une « équipe forte » ? Est-ce une équipe qui a les meilleurs joueurs ou une équipe qui a gagné ?

Nankap : C’est l’équipe qui a les meilleurs joueurs.

Brownily : Donc selon toi, sur la saison qui s’est terminée, le Real est plus fort que l’Atlético alors qu’il n’arrive pas à le battre.

Nankap : [Muet]

Brownily : Pour moi, être une équipe forte ne veut rien dire. Le plus important est de trouver la solution à chaque match. Un match de foot c’est une confrontation entre selon laquelle chacun des 2 groupes (le coach + son staff + ses joueurs) doit former une combinaison de 11 mecs ; de sorte que les points forts de l’un soient le plus tranchant possible face aux points faibles adverses, et les points faibles les moins vulnérables face aux points forts adverses.

Nankap : Ok ; une confrontation où il est important de disposer du maximum de « bons joueurs »… J

Brownily : Non ; de disposer plutôt du maximum de "joueurs différents". Par exemple, plusieurs personnes pensent à tort que l’Argentine est une bonne équipe. Moi je pense plutôt qu’une équipe dont 5 des 7 meilleurs joueurs de champ sont des attaquants n’a pas de sens. Vaudrait mieux avoir (au moins) un BON récupérateur [défenseur ou milieu], (au moins) un BON relayeur, (au moins) un BON organisateur, (au moins) un BON porteur de balle et (au moins) un BON finisseur. Autrement dit, le Portugal et le Pays de Galles étaient mieux outillés que l’Angleterre à l’Euro.

Nankap : Humm… C’est comme une partie d’échecs alors ?

Brownily : Oui. Du moins, en théorie. Car une partie d’échecs sous-entend que les 2 camps disposent de "pions" certes différents, mais ne pouvant se déplacer que de façon "normalisée". Et c’est là où le foot devient à mon avis un sport intéressant.

Regarde par exemple les matchs de l’Atlético Madrid face au Bayern et au Real Madrid de cette saison... Les Colchoneros ne perdent pas sur 120 min, leur dispositif réussit à contrecarrer le jeu adverse et ils profitent des erreurs adverses pour les surprendre. Regarde par contre le match aller Barça vs Bayern en 2015…

Nankap : La Pulga ? J

Brownily : Dans une partie ultra équilibrée, il arrive parfois que le joueur d’échecs (coach) confie à un de ses pions la liberté d’attaquer comme il veut. Il doit s’agit effectivement d’un player capable, par sa propre créativité, de déstabiliser techniquement et/ou tactiquement le système adverse sans que les gars en face ne fassent forcément une erreur. C’est un joueur spécial, parfois décodeur, parfois magicien… Je l’appelle le « facteur X ».

Nankap : J

Brownily : Ce soir-là, les 2 équipes se neutralisaient, tiki-taka Guadiolaen contre tiki-taka Enriquéen. Le plus intéressant n’est pas ce que Messi a fait (2 buts et 1 passe dé), mais le comment. Il a décanté la situation, il a illuminé les adversaires, il a évangélisé le Nou Camp… Tel Ronaldinho un soir au Nou Camp face au Milan en 2004, à Bernabeù la même année, à Stamford Bridge en 2005.

 

Avoir un « joueur spécial » dans une équipe ne garantit en rien la victoire à chaque match, ni même le titre à la fin de la saison. Toutefois, leur capacité à déséquilibrer une rencontre par leur créativité fait d’eux, selon moi, les meilleurs joueurs de leurs catégories. Le football anglais produira toujours un Wayne Rooney, le football allemand un Toni Kroos, le football espagnol un Sergio Busquets ou un Xavi. Mais les Mozart (Özil, Iniesta…) et les magiciens (Messi, Neymar, Eden Hazard…) sont des diamants : on ne les fabrique pas, on les trouve.

Je suis Pascal-Olivier Brownily, je me fais appeler "Big Coacho" au sein d’un certain deux-zéro dans l'arrondissement de Douala 5e. Bienvenue sur la rubrique Football de mon blog. J