Chroniques Muz

Des articles sur la musique Camerounaise et Internationale

RENCONTRE AVEC LYDOL PARTIE 2 - L?ENVOL

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Jeudi, 3 Mai 2018
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Le 11 Avril dernier, la slameuse Lydol présentait ‘SLAMTHERAPIE’, son tout 1er album. L’occasion pour moi de revenir sur l’interview en 2 parties que j’avais réalisée en décembre 2017 pour C’Koment Magazine. Rencontre avec une jeune Artiste très créative qui a progressi...
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Lydol - lenvol en 2017

Le 11 Avril dernier, la slameuse Lydol présentait ‘SLAMTHERAPIE’, son tout 1er album. L’occasion pour moi de revenir sur l’interview en 2 parties que j’avais réalisée en décembre 2017 pour C’Koment Magazine. Rencontre avec une jeune Artiste très créative qui a progressivement gravi les échelons depuis 2013, jusqu’à arriver à maturité en 2017.

Retrouvez la première partie de l’interview ICI.

 

Dans la foulée de l’émission qui t’a offert une grande exposition, tout va s’accélérer pour toi en 2017. Durant le premier semestre, tu vas participer au "Bambi Slam" et organiser tes propres ateliers Slam. Partager ton art est vraiment ta passion on dirait.

Lydol : Avant "L'Afrique a un Incroyable Talent", je tenais déjà des ateliers de slam. "Science Slam Cameroun" a eu lieu pour la première fois en 2015. Il s'agit d'une compétition au cours de laquelle en 10 min des scientifiques font une présentation artistique de leurs travaux, initiative soutenue par le Goethe-Institut Kamerun. La plupart des candidats n'ont jamais entendu parler de slam jusqu'au jour de leur sélection ; et c'est donc mon rôle de les aider à ajouter le slam à la science.

Les ateliers organisés dans le cadre de cette compétition étant "réservés" aux candidats, il a fallu organiser des ateliers plus ouverts, "Style Haut à Stylo", sans distinction d'âge ou de sexe encore moins de niveau d'étude. Un atelier sur les techniques d'écriture et la déclamation slam mais d'abord un échange sur "Le slam qu'est-ce que c'est". Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Et puis, je mène un combat, celui de faire en sorte que le slam dépasse le cadre intimiste des salles d'ateliers et des spectacles puristes de slam.

En Août, tu décides enfin de faire le grand saut en sortant le Single ‘D’un Autre’. Etait-ce pour toi la suite logique ?

Lydol : J’ai toujours privilégié le Live parce que pour moi le slam prend tout son sens dès qu'on ouvre la bouche (littéralement). Mon slam s'adresse aux gens, c'est difficile de leur parler en différé. Mais ce n'est pas tout le monde qui peut assister aux spectacles, et des fois le rendu vidéo des performances n'est pas suffisant. C'est pour ces raisons que j'ai décidé d'entrer en studio afin de pouvoir servir du slam qu'on pourra écouter à la maison, dans son téléphone ou dans sa voiture. C'est de cette manière que ‘D'un autre’ a vu le jour.

 

Le clip est sur la toile depuis quelques mois, et perso, je trouve la réalisation exceptionnelle. D’où te viennent cette authenticité et cette profondeur artistique ?

Lydol : Merci beaucoup. J'essaye juste d'être authentique à ma manière et ce, dans tout ce que je fais. J

Dans la promotion de ton art, quelles sont les difficultés que tu rencontres ? Il est clair qu’avec ton look Afro authentique et ta plume engagée, tu dénotes au sein du paysage musical urbain qui se veut de plus en plus Pop et stéréotypée.

Lydol : Je pense que l'art, peu importe la discipline, se heurte à des difficultés ; peut-être un peu plus dans la nôtre dans la mesure où ce genre musical est récent et essaye de se tailler une place. Maintenant faire du slam est une chose, être une femme et le faire en est une autre. Le plus dur c'est d'abord de se faire accepter par les autres artistes et par le public. Il faut toujours prouver peu importe le niveau qu'on a et ce sans compter les clichés, les préjugés et les étiquettes qu'on nous colle. Maintenant lorsqu'il s'agit de style, chacun choisit le sien, commercial ou pas ; le plus important c'est d'être fidèle à soi.

 

Il y’a quelques semaines, tu as enchaîné avec ‘Amina’, ton deuxième single.

Lydol : Oui oui. J ‘Amina’ est extrait de mon premier album, ‘Slamthérapie’, qui va relater en grande partie en quoi le slam a changé ma vie. Il est prévu pour les prochains mois.

La transition est toute trouvée. Que réserves-tu à tes fans en 2018 ?

Lydol : Beaucoup de projets pour 2018, on espère juste avoir le soutien et l'encouragement du grand public. Tout d’abord, une série "Apéro Slam Chez Lydol" sous forme de petites séquences vidéo entre humour, satyre et slam. On continuera avec les ateliers "Style haut à stylo", et aux 7e et 8e éditions de "Science Slam Cameroun".

Outre l’album, un des projets majeurs que je prévois cette année est "Slam'Up", une série d'ateliers et de spectacles dans plusieurs villes du Cameroun, en collaboration avec l'humoriste Ulrich Takam. Enfin, se prépare la toute première "Nuit du Slam Cameroun". Et bien sûr, je participerai toujours à divers événements nationaux et festivals internationaux.

Un programme vraiment chargé. Nos meilleurs vœux pour la nouvelle année. Merci de nous avoir accordé cette interview.

Lydol : C'est moi qui vous remercie pour l'intérêt porté envers mon art et ma personne. On y croit, Le slam y arrivera.

Lydol - Une année 2018 chargée

RENCONTRE AVEC LYDOL PARTIE 1 - L?ECLOSION

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Jeudi, 3 Mai 2018
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Le 11 Avril dernier, la slameuse Lydol présentait ‘SLAMTHERAPIE’, son tout 1er album. L’occasion pour moi de revenir sur l’interview en 2 parties que j’avais réalisée en décembre 2017 pour C’Koment Magazine. Rencontre avec une jeune Artiste très créative qui a progressi...
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Lydol Slam

Le 11 Avril dernier, la slameuse Lydol présentait ‘SLAMTHERAPIE’, son tout 1er album. L’occasion pour moi de revenir sur l’interview en 2 parties que j’avais réalisée en décembre 2017 pour C’Koment Magazine. Rencontre avec une jeune Artiste très créative qui a progressivement gravi les échelons depuis 2013, jusqu’à arriver à maturité en 2017.

 

Bonjour, Lydol. Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Lydol : Bonjour je m'appelle Lydol, je suis slameuse camerounaise née le 15 septembre 1994. Passionnée des lettres et de poésie, j'œuvre pour que le slam soit popularisé au Cameroun et en Afrique en général.

Quand a débuté ta passion pour la poésie et le slam ?

Lydol : J'écris depuis que je suis toute petite. Je fais partie de celles qui ont tenu un journal intime ; ce petit cahier dans lequel on se confie. J'avais pour habitude de raconter les journées et de faire de petits mots que j'avais jamais le courage d'envoyer ou de montrer (pour un proche, Ami, amoureux, famille). La poésie je commence à l'aimer avec "Balafon" de Engelbert Mveng et à mon enseignante  de français alors que je suis en Première, un recueil riche qui selon moi décrit de façon belle et spéciale même les choses les plus simples. Je me suis mise à écrire avec le souci du beau, ce qui n'était  pas le cas avant, sans toutefois avoir le courage de partager mes textes.

Pour ce qui est du slam (différent de la poésie) la rencontre se fait autrement. Je n’avais pas connaissance de cet art jusqu'à ce que guidée par Moustik Karismatik, je me rende compte que c'est ce que je fais qu'on appelle le slam. La première fois que j’ai « déclamé » un texte, c'était en juin 2010 lors du casting de Challenge Vacances.

C’est curieux justement parce qu’en étudiant tes différentes performances scéniques sur YouTube, j’ai constaté que tu as un réel talent pour le Slam. On dirait carrément un talent inné.

Lydol : Je suis tombée amoureuse du slam sans trop savoir comment. J'ai moi-même du mal à dire à quel moment exactement s'est faite la transition poésie-slam. L'écriture représente d'abord une thérapie (c'est la raison pour laquelle mon 1er album à paraître s'intitule "Slamthérapie"). Je ne m'étais jamais imaginé avant 2010 sur une scène en mode slam. Je slamais pour moi, pour me sentir bien, sans idée de spectacle ou de carrière. Le slam s'est offert à moi tel un compagnon avec lequel je pouvais partager juste en écrivant mes peines, mes joies. Quand j'ai pris conscience du fait qu'il s'agissait d'un art à part entière, ma vision  a été différente. Aujourd'hui même si le slam n'est pas au top du classement culturel au Cameroun, je sais qu'il  y arrivera et je suis heureuse de faire partie de ces personnes-là que le slam a choisi (Je n'ai pas choisi le slam c'est lui qui m'a choisi). J

Depuis le début, qu’est-ce qui te motive à persévérer dans cette forme d’art qui n’est justement pas très répandu dans notre pays ?

Lydol : J'ai décidé de ne jamais m'arrêter le jour où j'ai commencé. Voir un sourire sur un visage ou rencontrer une personne émue par son travail, il n'y a rien  de plus beau. J'ai compris que beaucoup se reconnaissent dans mes écrits, et c'est à eux que je pense à chaque fois que j'ouvre la bouche. J'écris des textes sur ce que je vois, ce que je vis, ce qu' j'entends, ce que je partage mon environnement impacte beaucoup le contenu de mes textes.

De 2013 à 2016, tu t’es faite un nom dans la poésie urbaine au Cameroun et même en Afrique. Tu as notamment été sélectionnée pour le Poetry Africa Festival à Durban…

Lydol : Grâce au slam j'ai eu la chance de visiter plusieurs pays et de partager ma passion avec d'autres artistes. J'ai appris quelque chose de magique lors de mon premier voyage à Luanda (en Angola) : "Si tu ne peux pas comprendre le sens des mots, ressens l'émotion qu'ils portent".

 

C’est finalement en Novembre 2016 que le grand public te découvre, grâce à l’émission L’Afrique a un Incroyable Talent. Comment était cette aventure ?

Lydol : L'une de mes plus belles expériences. Cette compétition m'a permis de rencontrer des personnes formidables, les membres du jury (clin d'œil à Fally Ipupa) mais aussi certains candidats. Je me suis découverte slameuse avec une compétition et j'ai pris part à plein d'autres mais "L'Afrique a un Incroyable Talent" est d'un autre niveau : quand tu es en compétition avec toi même afin de sortir le meilleur de toi. Je n'ai peut-être pas gagné, mais j'y ai appris beaucoup de choses.

LAfricaine Lydol a un incroyable talent

 

Poursuivez avec la deuxième partie de l’interview ICI.

10 ANNEES DE CONSTRUCTION DE LA TOUR CHARLOTTE DIPANDA

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Jeudi, 26 Avril 2018
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Les années 2000s représentent la période de mon adolescence, celle-là où j’ai fait mon éducation musicale de mélomane. A cette époque je consommais presque qu’exclusivement du Rap et du R&B américain à la télé, et occasionnellement de la musique camero...
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10 annees de construction de la Tour Charlotte Dipanda

Les années 2000s représentent la période de mon adolescence, celle-là où j’ai fait mon éducation musicale de mélomane. A cette époque je consommais presque qu’exclusivement du Rap et du R&B américain à la télé, et occasionnellement de la musique camerounaise dans le taxi quand je rentrais de l’école. En 2003, j’avais quand même, moi aussi, été emporté par la « vague Koppo » qui apportait notamment le titre ‘J’en Ai Marre’. Quand je m’étais renseigné sur la chanteuse en Featuring, on m’avait répondu : « C’est Charlotte Dipanda, la fille qui chante le fameux ‘Longue’ ; elle chante très bien. »

Alors que toute la communauté World Music fêtait la sortie de l’album ‘MISPA’ en 2008, je n’y prêtai pas trop attention. Néanmoins, la chanson ‘Coucou’ m’avait marqué en 2012. Non pas que j’en étais particulièrement fan, mais j’étais plutôt intrigué par cette musique acoustique qui parvenait à rayonner à une période où la musique populaire camerounaise était dominée par les "Bikutsi Queens". Si par la suite je me suis mis à étudier la World Music et les musiques traditionnelles, Charlotte Dipanda de son côté devenait progressivement une icône pour la jeunesse et asseyait sa notoriété de "Nouvelle Diva de la musique camerounaise". Aujourd’hui elle est la plus grande ambassadrice culturelle du Mboa, un immeuble implanté dans le Mainstream camerounais parmi quelques villas mais surtout au milieu des Monuments. Un édifice qui ne cesse de grandir depuis 10 ans déjà.

 

Des fondations faites de passion et de travail assidu

Les médias camerounais, jamais avares en compliments dithyrambiques, ont pris l’habitude de parler de Charlotte Dipanda comme « une perle de la musique », « un trésor », etc. C’est un peu exagéré ; elle a une très belle voix et une grande technique, mais pas une voix exceptionnelle. Mais c’est surtout son humilité, ses sacrifices et son parcours underground exceptionnels qui font du succès de Charlotte Dipanda un exemple pour la jeunesse.

Aujourd’hui nombreux sont les jeunes qui se lancent dans la musique en quête de succès immédiat. Tous ou presque chantent de la même façon sur des instrus composées sur ordinateur et directement inspirées des sonorités qui font fureur sur le continent. En regardant leur ainée dans l’émission K’Tapult il y’a quelques années, j’ai découvert une artiste en herbe dont l’état d’esprit était radicalement différent de l’écosystème musical actuel. Totalement éprise par la musique, la jeune Charlotte abandonne l’école en classe de Seconde pour aller pratiquer et apprendre dans les cabarets afin de faire de sa passion un métier. Après un album en duo avec Jeannot Hens en 2001, elle quitte le Cameroun, suivant les conseils de Lokua Kanza, pour aller apprendre d’avantage la musique à Paris, dans des instituts et étant la choriste des plus grands.

 

Les étapes phares du chantier de la "Tour CD"

Les fondations étant terminées, la carrière solo de Charlotte Dipanda ne va cesser de prendre de la hauteur à partir de l’album ‘MISPA’. ‘DUBE L’AM’, sorti en 2012 et promu par ‘Coucou’ et ‘Bodimbea’ en duo avec Richard Bona, sera l’album de la confirmation. Il présente au public et au reste de la scène musicale camerounaise une chanteuse d’envergure internationale, validée par des maîtres et qui valorise la culture camerounaise. Ce succès, mêlé à sa personnalité et son physique, confère alors à la chanteuse une aura qui va la couronner nouvelle Diva de la musique camerounaise.

Consciente de son nouveau statut, Charlotte Dipanda va se donner pour ambition d’internationaliser sa musique afin de toucher le reste de l’Afrique. Le Massa Tour (du nom de son 3e album) démarrera à La Cigale à Paris en Mars 2015 et transitera par le Cameroun avant d’atterrir à la mythique salle Olympia à Paris l’année suivante. C’est la consécration.

Ben Decca aux côtés de Charlotte Dipanda à lOlympia

 

La Diva est désormais incontournable sur le continent. Elle interprètera l’hymne officiel de la CAN féminine 2016 et sera en outre conviée à être l’un des 4 Juges de l’émission The Voice Afrique Francophone. En 2018, Charlotte Dipanda interrompt sa participation au télé-crochet pour se concentrer sur la sortie de ‘UN JOUR DANS MA VIE’. Un 4e album qu’elle a tenu à partager dans son pays avec un public fidèle depuis 10 années déjà.

POURQUOI IL EST IMPOSSIBLE D'AVOIR UN CHRIS BROWN AFRICAIN

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Mardi, 3 Avril 2018
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En 2018, je continue de croiser sur les réseaux sociaux des discussions du type « Locko/Magasco c’est le Chris Brown camerounais », « Quel rappeur associer à Locko pour faire un #FanOfAFan ? ». Mais est-il seulement possible d’avoir un Chris Brown en Afrique ? Les per...
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Chris Brown - Zero

En 2018, je continue de croiser sur les réseaux sociaux des discussions du type « Locko/Magasco c’est le Chris Brown camerounais », « Quel rappeur associer à Locko pour faire un #FanOfAFan ? ». Mais est-il seulement possible d’avoir un Chris Brown en Afrique ? Les performances de Breezy dans les charts mondiaux et les multiples Awards glanés au cours de sa carrière font de lui un Mogul  inaccessible pour les artistes d’urban afro pop music. Et le fait qu’il se soit développé artistiquement au sein de la maison mère du R&B et de la culture Hip-hop implique qu’il est impossible d’avoir un "Chris Brown" en dehors des Etats-Unis.

 

Chris Brown, un R&B artist made of Hip-hop

Dans les années 90s, P. Diddy et Mary J Blige avaient créé la filière Hip-hop Soul en plongeant les racines ghetto de MJB dans le R&B/Soul. Le résultat fut sensationnel, tant sur le plan artistique que commercial ; la renommée et la carrière de la Diva ne sont plus à présenter aujourd’hui.

Toutefois, ces mêmes années 90s seront sujettes à un alignement de planètes sans précédent. Michael Jackson, l’arbre du chakra a.k.a Jûbi, va se diviser (en plusieurs Bijû, NDLR), et une de ses entités sera projetée au loin pour atterrir quelque part en Virginie, aux USA. En grandissant, la créature R&B va se nourrir de toute la culture Hip-Hop (Rap, B-boying, Graffitis, DJ-ing) des années 90s et début 2000s des USA, pour devenir à sa maturité un artiste urbain à la versatilité musicale extrême.

Contrairement aux "artistes Hip-hop qui aiment chanter" (Tory Lanez, Drake…), Chris Brown a une vraie crédibilité R&B. Plongé dans la filière "R&B R. Kelly" (ou R&B US contemporain), Chris Brown a progressivement tracé sa propre voie artistique, un noyau R&B autour duquel il sait parfaitement faire graviter la version du Hip-hop mainstream à la mode et parfois l’Eurodance. Un Bon chanteur de R&B (a "Good singer", not a "Great") qui ne cesse de pondre des Hits Hip-hop depuis le début de sa carrière. Il est littéralement le « R&B/Hip-hop Bridge ».

 

Chris Brown ou le Lil Wayne du R&B urbain contemporain

Aidé à ses débuts par les lyrics de Sean Garrett sur les instrus de Scott Storch ('Run It', 'Gimmie That', 'Wall To Wall'), Chris Brown a eu à enchaîner (en solo) des bangers sur des prods de Swizz Beatz ('I Can Transform Ya'), Diplo ('Look At Me Now') et de Nic Nac ('Loyal', 'Ayo', 'Bitches & Marijuana'). Et depuis 2016, il est passé en mode R&B/Trap. Ces allers-retours permanents sur le pont entre Hip-hop et R&B vont au fil des années aider Breezy à dominer les Rap/Sung collaborations de la scène américaine.

Depuis son retour au sommet en 2011 avec l’album ‘F.A.M.E.’, toute collaboration de Chris Brown est un Tube. Très peu d’artistes Mainstream Rap et R&B urbain se permettent de sortir un album sans l’appeler sur une chanson qui finira forcement en Single. Sur les années 2010s, il représente à lui seul ce qu’étaient Ashanti, T-Pain ET Akon dans les années 2000s. Il a pris le concept « Ashanti » [ou Mrs Hook, NDLR] en a fait toute une science et y a plus tard soutenu sa propre Thèse. Tout cela en réussissant à avoir une carrière solo énorme et une réelle crédibilité en tant qu’artiste R&B.

Breezy est aujourd’hui le plus indé des artistes Mainstream aux USA. Il écrit lui-même ses textes, dirige les beatmakers en studio et réalise désormais la plupart de ses clips. Depuis 2010, il ne cesse de régaler la #TeamBreezy [NDLR : la fanbase de Chris Brown] en Mixtapes. Rien qu’entre les albums-studio ‘GRAFFITI’ (le 3e) et ’FORTUNE’ (le 5e), il a livré ‘IN MY ZONE’, l’excellent ‘FAN OF A FAN’ en duo avec le rappeur Tyga, ‘IN MY ZONE 2’ et ‘BOY IN DETENTION’. A croire qu’en fait le nouveau Lil Wayne se trouve plutôt du côté du R&B urbain contemporain.

 

Le contexte socio-culturel africain

La filière R&B/Hip-hop présentée plus haut, et par extension le R&B urbain contemporain, ont pu voir le jour aux USA grâce aux musiques afro-américaines qui ont pris le temps d’être ancrées dans la culture de ce pays. Le Rhythm & Blues en particulier a connu de multiples évolutions au niveau des techniques de chants et des techniques de production. Des artistes R&B/Hip-hop à l'instar de Chris Brown, Trey Songz et August Alsina, se sont d’abord essayé au Rap, avant de revenir sur leurs pas pour APPRENDRE les techniques de R&B/Soul. Tandis que la chanteuse Kehlani fusionne habilement le R&B, la Pop et le Hip-hop.

En Afrique, plus de 95% des jeunes artistes qui se lancent dans la chanson cherchent à faire de la Pop urbaine. Même ceux qui se lancent en voulant marcher dans les pas d’Usher, Beyoncé ou Chris Brown se retrouvent à faire du « sous-Davido » ou du « sous-Singuila ». Personne ou presque n’investit son temps pour apprendre les bases techniques du R&B/Soul. Une musique géniale mais qui en fin de compte n’est pas de culture africaine.

LOCKO, 2 ANS APRES L?EP SKYZO

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Lundi, 26 Mars 2018
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En 2015, le jeune chanteur Locko publie coup sur coup les tubes ‘Margo’ et ‘Ndutu’. A la fin de la même année, il sort ‘SKYZO’ son premier EP dont sera ensuite issu le Single à succès ‘Sawa Romance’ au début de l’année 2016. Le public et toute la sc&egr...
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Locko, de SKYZO à THE BRIDGE

En 2015, le jeune chanteur Locko publie coup sur coup les tubes ‘Margo’ et ‘Ndutu’. A la fin de la même année, il sort ‘SKYZO’ son premier EP dont sera ensuite issu le Single à succès ‘Sawa Romance’ au début de l’année 2016. Le public et toute la scène musicale camerounaise sont conquis par celui qui est incontestablement la révélation musicale de l’année au Cameroun. 2 années plus tard, Locko publie enfin son premier album-studio, un disque modestement intitulé ‘THE BRIDGE’. Car durant ces années, il est véritablement passé à une autre rive du succès.

 

Une assise nationale et une éclosion internationale

Après le succès de l’EP ‘SKYZO’ qui recevra notamment 6 nominations aux Balafon Music Awards 2016, tous les artistes urbains ou presque s’arrachent Locko pour avoir sa voix et son flow sur le refrain et/ou sur un couplet de leurs titres. Persuadé d’obtenir un Hit, chaque artiste publie leur collaboration sous forme de single accompagné d’un clip.

 

De Mars 2016 à Mars 2018, on retrouve ainsi le crooner successivement sur ‘My Last’ de Slim Marion, ‘Jamais Vu’ de Fluri Boyz, ‘Le Bas Du Dos’ de Landry Melody, ‘Boucan’ de Valeri Williams, ‘Gratter’ de Sifoor, ‘I Love You’ de Ko-C, ‘Ma Vision’ de Pit Baccardi, ‘Stay’ d’Ewube, ‘Koi Me Fait’ de Minks, ainsi que sur les 2 projets collaboratifs ‘Power 1’ et ‘Power 2’. Musicalement, Locko alterne à chaque fois le bon et le moins bon ; mais ces nombreuses collaborations lui permettent de cimenter sa place dans le Mainstream camerounais.

Cette notoriété grandissante sur la scène locale va pousser la diaspora camerounaise à organiser le 4 novembre 2016 un concert à La Boule Noire (Paris), mais surtout va permettre à Locko de participer à l’aventure Coke Studio Africa en 2017. Il y représentera l’Afrique Francophone aux côtés de Shado Chris et Kiff No Beat.

Avec le prix du meilleur artiste masculin d’Afrique Centrale décerné par les AFRIMA en novembre 2017, la « Lockomotive » [NDLR : surnom de la fanbase de Locko] savoure le premier Awards international de ce jeune chanteur qu’ils ont soutenu pendant qu’il traversait un véritable pont entre le statut de révélation de la musique camerounaise à celui d’étoile montante en Afrique. Après un parcours de près de 2 ans, les fans attendent ainsi avec impatience la sortie de son premier album-studio.

 

Derrière le pont

À l’écoute de l’EP ‘SKYZO’ (que j’avais chroniqué ICI), nous découvrions un jeune auteur-compositeur-interprète avec une voix en or, un sens inné de la composition et surtout un vrai ADN R&B en terme de technique vocale. Selon moi, ce potentiel intrigant prédestinait ce jeune talent à fusionner le "R&B R. Kelly" (ou R&B US contemporain) et le Makossa/Pop des années 90s. Encore aurait-il fallu trouver le bon record producer pour réaliser un tel délire.

Au lieu de devenir un « Ne-Yo sawa », Locko s’est plutôt attelé, au fil des années, à devenir l’idole du jeune public camerounais désormais bercé par de la Pop urbaine. Tel est le contexte de ‘THE BRIDGE’, un rookie-album qui nous présente Locko comme un artiste de musique populaire. 2 ans après ‘SKYZO’, l’univers de Locko se définit plus que jamais comme un mélange d'AfroPop Naïja et de "R&B Chris Brown" [NDLR : un mix de R&B, Hip-hop et Pop avec des performances vocales minimalistes] avec une dose de Makossa roots et un accent Kwatta Style. Si à l’écoute de ce disque les puristes de Rhythm & Blues et de World Music seront déçus de ne pas voir un tel vocaliste dans un registre plus adulte, le résultat a le mérite de sonner original et camerounais.

Portés par les Lead Singles ‘Thank You Lord’, ‘Je Serai Là’ et ‘Danse Avec Moi’, l’album THE BRIDGE tourne essentiellement autour de l’amour, la danse et la revanche contre les médisances. Le disque est long (18 titres), Locko ayant sans doute voulu, pour son premier album, mettre en exergue sa versatilité et partager le disque avec des invités tant de la scène locale que d’Afrique Francophone, notamment l’Ivoirienne Teeyah et le Sénégalais Dip Doundou Guiss.

13 titres de l’album sont produits par Locko & DJ Kriss. Si le duo nous propose quelques pépites comme ‘RDV’, ‘Sans Déconner’, ‘Booboo’, ‘The Risk’ et ’Baca’, il ne réussit pas à donner une bonne cohérence à l’album. La direction artistique n’est pas du tout au rendez-vous ; on passe très souvent d’une thématique à l’autre sans transition, tandis que le trio ‘Donne Ma Part Sur Ça’, ‘Ashouka’ et ‘Cocotier’ semble de trop sur ce disque.

Locko THE BRIDGE - album cover

 

JOVI, UN OVNI DANS LE PAYSAGE MUSICAL CAMEROUNAIS PART. 2

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Samedi, 17 Février 2018
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Dans les années 2010s, le monde de la musique traverse sa période la plus pauvre en termes de créativité, tous genres musicaux confondus. Pop, Rock, R&B/Soul, World Music, Tribal Afro Musics… Toutes les scènes musicales à travers le monde sont concernées, et le Cameroun ne fait pas exception...
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Jovi ovni dans le paysage musical camerounais - pt 2

Dans les années 2010s, le monde de la musique traverse sa période la plus pauvre en termes de créativité, tous genres musicaux confondus. Pop, Rock, R&B/Soul, World Music, Tribal Afro Musics… Toutes les scènes musicales à travers le monde sont concernées, et le Cameroun ne fait pas exception. L’Afrique en miniature se cherche des héritiers miraculés du Makossa, du Bend Skin et autres rythmes traditionnels. L’Afrique en miniature voit progressivement sa jeunesse renier son héritage dorée pour se rabattre vers l’AfroBeats et l’AfroPop naïja. L’Afrique en miniature voit son armée de griots urbains s’affaiblir au profit de la Pop.

Dans ce désert artistique qui est désormais le nôtre, quelques arbres ont réussi à pousser depuis 2012. Parmi eux, un fromager magnifique et ténébreux à la fois, autour duquel on retrouve une verdure rayonnante de vie nommée New Bell Music. Prenez place, je m’apprête à vous conter en 2 parties Jovi a.k.a le MonstreJ

Retrouvez la PARTIE 1 ICI.

 

MBOKO GOD, tentative manquée de chef d’œuvre

En 2015, le fromager veut s’élever d’avantage pour se rapprocher du soleil. A la suite de l’immense succès critique ET populaire des titres ‘CASH (Mets l'argent à terre)’ et ‘Et P8 Koi’ (2 classics), Jovi propose le très ambitieux 'MBOKO GOD'.

Le disque est très musical et sonne très tribal, mais n’est pas assez bien orchestré. L’album est très original, mais la production exécutive n’est pas au niveau (j’avais chroniqué cet album ICI). Le projet qui se voulait divin a été initié trop tôt dans la tête de cet 'Artiste'. Toute proportion gardée, c'est comme s'il avait de faire 'YEEZUS' [NDLR : le projet le plus radical de Kanye West] juste après 'THE COLLEGE DROPOUT'. Comme s'il n'avait pas compris qu'en fait le Louis Vuitton Don a eu 2 phases artistiques :

Le producteur-rappeur, qui a créé son univers musical Chipmunk Soul et l’a perfectionné au bout de 3 albums (jusqu’à ‘GRADUATION’), notamment en faisant appel au chef d’orchestre John Brion dès l’album ‘LATE REGISTRATION’. L'Artiste, qui prend des risques musicaux démesurés [NDLR : dès 808’s & Heartbreak] car (1) il a déjà un nom, (2) il sait comment entertain le public et (3) il a à sa disposition les ressources humaines et les moyens matériels et financiers pour orienter et réaliser des œuvres d’une créativité hors-norme.

Toutefois, Jovi rectifie le tir en enchaînant directement avec 'RAP 2 RICHES', un EP sorti la même année (2015) et produit sous le thème d’un retour aux bases du Rap. Il a compris qu'il n'est pas (encore) un génie mais un "producteur-rappeur très talentueux" qui doit faire les choses calmement, comme elles lui viennent. Il a compris qu'il est un monstre, pas un dieu.

 

16 WIVES, l’apothéose du monstre

'16 WIVES' prend sa source dans 'H.I.V.' (son rookie-album), s'écoule en flirtant juste comme il faut avec la boule de chakra 'MBOKO GOD', pour venir plonger dans le contexte 2016 [NDLR : l’album était initialement prévu pour fin 2016, mais il sortit en 2017] de la scène musicale camerounaise et scander : « The (real) MVP is back ».

16 WIVES album cover

Les productions quant à elles sont très recherchées et très soignées, mais restent très digestes ; une pure merveille. Les titres destinés à être des tubes radio sont facilement reconnaissables car les lyrics sont majoritairement en français. Certains titres reprennent les formules gagnantes d’hier : ‘Mongshung’ nous rappelle ‘Et P8 Koi’, et ‘Ou Même’ est la suite directe de ‘La Sauce’.

A chaque écoute de cet album au cours de l’année dernière, j’ai toujours éprouvé le besoin de retourner écouter les 2 précédents. Et je peux vous dire que depuis 2013, les fruits du fromager Jovi sont de véritables victuailles pour les oreilles. Un seul mot pour conclure cette histoire : Merci.

https://twitter.com/tmpo18/status/922902160400142336

https://twitter.com/tmpo18/status/922903724347019264

 

JOVI, UN OVNI DANS LE PAYSAGE MUSICAL CAMEROUNAIS PART. 1

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Vendredi, 9 Février 2018
Classé dans Chroniques Muz
Dans les années 2010s, le monde de la musique traverse sa période la plus pauvre en termes de créativité, tous genres musicaux confondus. Pop, Rock, R&B/Soul, World Music, Tribal Afro Musics… Toutes les scènes musicales à travers le monde sont concernées, et le Cameroun ne fait pas exception...
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Jovi ovni dans le paysage musical camerounais - pt 1

Dans les années 2010s, le monde de la musique traverse sa période la plus pauvre en termes de créativité, tous genres musicaux confondus. Pop, Rock, R&B/Soul, World Music, Tribal Afro Musics… Toutes les scènes musicales à travers le monde sont concernées, et le Cameroun ne fait pas exception. L’Afrique en miniature se cherche des héritiers miraculés du Makossa, du Bend Skin et autres rythmes traditionnels. L’Afrique en miniature voit progressivement sa jeunesse renier son héritage dorée pour se rabattre vers l’AfroBeats et l’AfroPop naïja. L’Afrique en miniature voit son armée de griots urbains s’affaiblir au profit de la Pop.

Dans ce désert artistique qui est désormais le nôtre, quelques arbres ont réussi à pousser depuis 2012. Parmi eux, un fromager magnifique et ténébreux à la fois, autour duquel on retrouve une verdure rayonnante de vie nommée New Bell Music. Prenez place, je m’apprête à vous conter en 2 parties Jovi a.k.a le MonstreJ

 

Jovi, un rappeur à l’ancienne

L’année 2017 vient de s’achever, et tous les mélomanes camerounais ont encore assisté à une pénurie d’albums-studio. La production, la promo et l’exploitation d'un vrai album coûtent cher. Les "Stars" (Coco Argentée, Mani Bella...) font des Maxi Singles, les artistes underground (Xzafrane, Maxtor, Malik, MacLeen, Locko, Magasco et Mr. Leo jusqu’à récemment.) se débrouillent avec des EP. Mais pour la majorité, ils font des Singles et investiront gros dans les clips.

Ce phénomène est désormais le quotidien du Rap camerounais Mainstream ; ceux qui ont viré vers l'Afro Hip-Pop se comportent comme des "chanteurs Pop". Jovi apparait ainsi comme une des rares exceptions. Depuis ses débuts en 2012, le rappeur enchaine Album – EP/Mixtape – Album à un rythme effréné. Et sa discographie va sans doute se rallonger en 2018. Il faut dire que Jovi a (1) le succès local qu'il faut, (2) les moyens artistiques et techniques (il écrit ses propres textes et tape ses propres beats) et (3) surtout il est un MC comme on n’en fait plus. Un performeur original et authentique qui respecte les Codes; très souvent raconteur d’histoires (storyteller), qui met toujours l'état d'esprit du Hip-hop dans ses œuvres, et qui a respecté le Circuit Underground.

Jovi crew in Devil No Di Sleep

 

Jovi, un rappeur-producteur de musique camerounaise

Pour un camerounais, faire du Rap consiste à s’inspirer soit de la scène française, soit de maison-mère américaine. La langue, le flow et les instrus y tirent directement leurs influences. Là encore, Jovi se démarque de ce chemin classique.

Depuis son rookie-album 'H.I.V.', ses textes dénoncent les difficultés et les excès du quotidien des camerounais ; tout en mixant pidgin, anglais et français. Et sur chaque projet qui a suivi, il peint la réalité du kwatt ; et tout cela avec des instrus qui magnifient la culture camerounaise. Il a ainsi créé une version authentique de "Rap camerounais" : le Mboko Rap.

 

J’ai plusieurs fois lu sur Twitter et entendu via des podcasts l’idée selon laquelle Jovi serait le « Kanye West camerounais ». C’est en fait un peu plus complexe que cela. Jovi est selon moi un rappeur, produit par un disciple de Timbaland qui serait né avec la faculté de plonger dans l’essence de l’Afrique pour y emprunter et agencer des sonorités. Sauf que dans notre cas de figure, artiste et producteur ne sont qu’une seule et même personne. Et c’est là, toute la monstruosité du truc. J

MBOA RAP - SPOKEN WORD AWARDS 2017

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Lundi, 29 Janvier 2018
Classé dans Chroniques Muz
La date de publication de ce post n’est pas anodine ; nous sommes au lendemain des 60e GRAMMYs. En effet, MON système d’évaluation que je présente sur Facebook depuis 2015 s’en inspire directement. La note d’un Rap song est la moyenne pondérée obtenue à partir des 5 param&egr...
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Best-of 2017 du Rap et Slam 237

La date de publication de ce post n’est pas anodine ; nous sommes au lendemain des 60e GRAMMYs. En effet, MON système d’évaluation que je présente sur Facebook depuis 2015 s’en inspire directement.

La note d’un Rap song est la moyenne pondérée obtenue à partir des 5 paramètres suivants : 

Rap performance (vitesse et mélodie du flow) : coefficient 4 ; Interprétation : coefficient 1 ; Instru : coefficient 3 ; Lyrics/Message : coefficient 2 ; Record production : coefficient 5.

Les clips sont évalués comme des œuvres cinématographiques. La note d’un short film est la moyenne pondérée obtenue à partir des paramètres suivants :

Acting : coefficient 3 ; Scenario et mise en scène de l’histoire : coefficient 4 ; Tenues, Déco et Chorés (par rapport à l’histoire) : coefficient 2 ; Réalisation : coefficient 5.

Voici le Best-of 2017 du Rap et Slam 237. J

 

Best Rap Solo Performance : ‘Bahatland’ - Tenor

‘Devil No Di Sleep’ - Jovi ‘Being Me: The Introduction’ - Boy-Tag Nanga Mboko’ - Skidi Boy

 

Best Rap/Sung Collaboration : ‘My Voice’ – Performed by Bonzyz & Leonette

‘One By One’ – Pit Baccardi Feat. Magasco ‘Freedom of Speech’ – Mic Monsta Feat. Dready Christ ‘A Di Find My Gari’ – Krotal Feat. Magasco

 

Best Rap Song : ‘My Voice’ – Performed by Bonzyz & Leonette

‘Workmanship’ – Performed by Jovi & Pascal ‘Being Me: The Introduction’ - Performed by Boy-Tag ‘Devil No Di Sleep’ - Performed by Jovi

 

Best Video : ‘D’un Autre’ - Performed by Lydol, Directed by Adah Akenji

‘Nouveau Président’ – Performed by Xzafrane, Directed by AFAM Films, Adah Akenji, Fabien Nguemo ‘Bad Things’ - Performed by Tenor, Directed by Adah Akenji ‘Ou Même’ - Performed by Jovi, Directed by Ndukong

Les détails de calcul sont disponibles ci-après :

 Best Mboa Rap slam songs 2017

Best Mboa Rap slam videos 2017

COUP DE PROJECTEUR SUR LES AFRIMA 2017

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Mercredi, 24 Janvier 2018
Classé dans Chroniques Muz
Dans les industries culturelles (musique, sport, littérature, cinéma), les Awards représentent une distinction, une sorte de tableau d’honneur, qu’un groupe de personnes décide d’attribuer aux acteurs de la profession afin de souligner un aspect précis (critères). Dans le domaine de la M...
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Locko Montess Afrima 2017

Dans les industries culturelles (musique, sport, littérature, cinéma), les Awards représentent une distinction, une sorte de tableau d’honneur, qu’un groupe de personnes décide d’attribuer aux acteurs de la profession afin de souligner un aspect précis (critères). Dans le domaine de la Musique en particulier, une cérémonie d’Awards consiste en général :

·         soit à récompenser un artiste et ses œuvres pour l’impact de ces dernières (positionnement et/ou longévité dans les Charts). Un comité se charge de faire une sélection de nominés et le public vote pour le meilleur (son favori ?) de chaque catégorie. C’est le cas des NRJ Music Awards (en France) et des MTV Europe Music Awards qui récompensent la POP-ularité des artistes au sein du public.

·         soit à certifier d’une certaine qualité de performance (la "qualité" étant définie par les critères qui sont propres à chaque cérémonie d’Awards). Les artistes y envoient leurs œuvres pour concourir ; et un Jury se charge de l’évaluation.

o   Les Grammys (aux USA) ont la particularité d’être des Awards qui évaluent la musicalité, la performance technique, la créativité artistique et l’originalité (impact social par exemple) des œuvres musicales, tous genres musicaux confondus, en faisant abstention de leurs performances commerciales.

Il revient donc aux différents acteurs de l’industrie musicale de chaque pays (ou de chaque continent) d’accorder à chaque cérémonie l’importance et l’attachement qu’ils souhaitent, en fonction de la crédibilité artistique qu’ils accordent aux critères d’évaluation et au Comité de sélection/évaluation.

Article écrit sur Yaoundé C'Koment le 17 Novembre 2017.

ET SI EN FAIT TENOR EBANFLANG AVAIT TOUT COMPRIS ?

Rédigé par Pascal-olivier BROWNILY Mardi, 26 Septembre 2017
Classé dans Chroniques Muz
Il y’a tout juste un an, j’écrivais la note « Pourquoi le Vrai Rap ne se vend-il pas au Cameroun en 2016 » (publié ICI sur le blog de mon collègue A. Himins) en référence au fait que trop peu de vrais rappeurs 237 ne s’en sortent pas. Il faut dire que dans l...
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01 Le Fiang, le Way, le Yâmo

Il y’a tout juste un an, j’écrivais la note « Pourquoi le Vrai Rap ne se vend-il pas au Cameroun en 2016 » (publié ICI sur le blog de mon collègue A. Himins) en référence au fait que trop peu de vrais rappeurs 237 ne s’en sortent pas. Il faut dire que dans l’effervescence musicale Urban/Pop qui a résulté du séisme « Hein Père », c’est plutôt l’AfroPop (vocable maladroitement utilisé par les médias locaux pour désigner les résultats de la légère "camerounisation" de l’Afro Beat Naïja) qui a pignon sur rue, et non le (vrai) Rap. 

Depuis 3 ans, de nombreux rappeurs camerounais ont délaissé les codes du Vrai Rap pour se tourner définitivement vers ce j’appelle l’Afro Hip/Pop. Les premiers à avoir connu du succès sont Franko ('Coller La Petite') et Maalhox ('Ça Sort Comme Ça Sort') en 2015. Depuis, quelques-uns connaissent la même réussite, notamment Mink’s et surtout Tenor Ebanflang, tandis que la relève se prépare déjà avec le rookie Boy-Tag. Et si en fait, dans notre pays, des projets tels que ’16 WIVES’ de Jovi et ‘5 MAJEURS’ de Xzafrane n’étaient en fait destinés qu’à une certaine élite, au même titre que les albums World Music de Charlotte DipandaKareyce Fotso et Lab’L ?

Article écrit sur Yaoundé C'Koment le 06 Novembre 2017.